Ah les arbres ! Toujours un sujet sensible et controversé ! En ville les habitants en veulent plus, et les maires doivent jongler entre la sécurité, faire des routes et construire ! A la compagne ils en ont plein… Mais en fait pas tant que cela car les lotissements, les parkings, l’agriculture intensive et le bio intensive ont besoin de place ! Comme si l’agroforesterie n’avait pas fait ces preuves, prouver que c’est mieux et plus logique de planter des arbres adéquates au milieu des champs ! Et des haies ! Avec les principes biodynamie de Demeter et de Permaculture, la rentabilité et l’indépendance sont souvent au rdv… et donc une qualité de vie pour les agriculteurs. On en reparlera dans 20 ans. Cela dit je mesure mes propos car je n’ai pas cette expérience à mon actif d’avoir été agriculture.

Mais les habitudes sont tenaces et la raison des lobbys plus fortes pour nous rendre aveugle.. Les agricultures comme les consommateurs d’ailleurs !

Enfin bref, je suis venu vous parler des arbres. On sait depuis un moment qu’ils communiquent entre eux, apprennent à se défendre ! Oui »apprennent » à « se défendre », une intelligence végétale. Comme on a mis plus de 100 ans à comprendre que les animaux avaient des sentiments du ressenti et de l’empathie, que les corneilles savent utiliser des outils, que les poissons étouffent dans les filets…. et bien je pense qu’on mettra encore un long moment avant de comprendre que c’est aussi le cas pour le monde végétal ou du moins a commencer par les arbres. Il n’est pas anodin de couper un arbre ou une carotte, c’est un être vivant, vivant à son rythme. N’en déplaise au Végans !

On a besoin des arbres pour avoir de l’ombre l’été, pour faire respirer notre planète, et donc par ricochet notre atmosphère. On en a besoin pour l’agrément visuel, pour se sentir bien. Renouer avec la nature est à la mode et c’est tant mieux, cela remet juste au gout du jour les promenades du dimanche d’avant ! 

Mais au fait, c’était comment avant !?

Loin de toutes les polémiques je vous propose un voyage dans le temps et au travers les parcs et jardins de France et d’ailleurs.

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La ville végétale, une histoire de la nature en milieu urbain en France du XVII au XXI siècle. De Charles-francois Mathis et d’Emilie-anne Pépy.

Ce n’est pas un roman, c’est même un peu technique et c’est souvent écrit comme un documentaire. Mais c’est très complet sur tout ce qui concerne les parcs et jardins sur 300 ans d’histoire. Cela raconte comment et pourquoi les jardins ont été crées,et comment le public s'est approprié ces coins de verdure. Après, faites comme moi, lisez en diagonale les pages un peu plus complexes, car la retrospective est des plus passionnante. Vous avez, en un seul ouvrage, tout ce qu’on peut apprendre à propos de notre vison et le besoin d’espaces verts dans les villes. Le tout agrémenté de croquis.

Pourquoi la nature en ville ? Une exigence nouvelle au XVII siècle !

Pour le sport, l’exotisme, le dimanche ou en semaines. Un parc privé bourgeois pour mettre en avant sa réussite sociale. 

Tout ceci est raconté dans cette ouvrage qui est une bibliothèque botanique à lui seul. Les arbres, mais aussi les fleurs, les parcs d’attractions, l’évolution de l’écologie jusqu’a nos jours.

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Bien être, bien vivre, la jungle dans la ville, l’économie du végétal, des jardins pour nourrir les familles modestes.. Tous ces thèmes sont décris avec un regard d’historien, scientifique mais aussi écolo : biodiversité et préservation de notre environnement.

La santé par les plantes

C’est dans ce contexte qu’une institution nouvelle, déjà expérimentée dans les villes italiennes et hollandaises, fait son apparition dans le royaume de France. Le premier jardin botanique a été créé à Montpellier en 1593, grâce aux efforts incessants de Pierre Richer de Belleval et aux ressources de sa cassette personnelle.

Au début il y avait les jardins de plantes exotiques que les bourgeois avaient pour eux et pour se valoriser. 

De nos jours il n’y a guère d’équivalent aux jardins de plaisir et autres guinguettes. La mécanisation des manèges, grands huit et autres tamponneuses, toujours imposante et spectaculaire, la saturation des lumières électriques et la sonorisation des foires et parcs d’attraction urbains font oublier le cadre végétal, si tant qu’il en ait un, car les structures sont la plupart du temps installées sur des parking et autres surface bétonnées.

Et à Bordeaux ! On a pas toujours plébiscité les arbres, rien n’a trop changé, toujours des polémiques sur ceux qui en veulent et :

A Bordeaux, le jardin à l’anglaise de la place Gambetta rajouté en 1868-1869 par un disciple d’Eugene Bühler, déplaît à ceux qui trouvent qu’il dissimule trop l’harmonie des façades XVIII. p204

Un regard sur l’histoire de notre vision du végétal en ville, un ouvrage riche de points de vue et détaillés, indispensable si vous vous intéressé au sujet.

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Il semble qu’un mouvement mondial relance l’idée de mettre du vert dans les grande villes : toitures végétale, arbres sur les immeubles, parc à la verticale. Les bonnes vieilles idées de cet avant-gardiste Le Corbusier sont remises au goût du jour dans un contexte actuel. 

Parait qu’on vas tous vivre dans des grandes villes et qu’il faudrait bien les rendre agréables et pouvoir y respirer…

Alors commençons à y réfléchir maintenant, même si comme un cycle, je pense qu’on retournera vite en campagne.

Pour l’instant les bâtiments en matériaux bio, ou bioclimatique sont plutôt anecdotiques et mis en avant alors que je constate par exemple à Bordeaux que le béton pas cher, vite séché et la laine de verre sont partout… On en reparlera au premier tremblement de terre ! Une mégapole sur des marais.

Tout ceci mérite concertation, et bon sens.. mais, ça, c’est une autre histoire.