Aller c’est parti cette fois-ci faut bien aller ! Lever tôt, chaussures de marche et… un bâton !

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Se lever tôt est toujours très agréable, une fois sortir du lit on prend le temps de découvrir ce qu’on vas faire de la journée.. En l’occurence découvrir la nature, ce fameux chemin de Compostelle et se découvrir sois même en poussant les limites de la marche.. Enfin en théorie, car la réalité est tout autre est pas toujours aussi plaisante qu’on ne veux se l’imposer.. En chemin, on se croyait des fois à Lourdes ! Eclopés, ruinés par la marche au dessus de leur limite, exténués par des centaines de km… avec des pansement et autres artifices de pharmacie ou de Decathlon.  Certains pensent se relever un défi en torturant leur corps, car, pour l’avoir vue, en arriver la, c’est vraiment cela ! Elle est où la spiritualité, la tolérance, la découverte si au 21 ème siècle on s’impose une torture physique pour essayer de croie qu’on règle un problème psychique ! Y a des psy pour cela !

Bon, ne soyons pas mauvaise langue, comme dit, l’autre chacun son chemin et « Bone camino ».

D’un point de vue pratique faire Compostelle c’est que du plaisir! Les derniers 100, voire 150 km sont balisés, dans des endroits de nature varié, souvent des sous bois, des forets et très souvent des chemins accessibles. On est loin d’un track en pleine savane ! De plus cette partie de l’Espagne, au nord, est très agréable, il y fait ni trop chaud ni trop froid le matin, un peu de soleil et des parties très souvent à l’ombre.

Ce qui m’a essentiellement marqué est le calme qui règne le long de ces chemins.. Et pourquoi donc !? Et bien la raison est très simple, loin du tourisme de masse, ici il n’y a ni enfants ni animaux  de compagnie, que des marcheurs qui apprécient « le chemin », des marcheurs et beaucoup de cyclistes. 

Traverser Portomarin dés le matin dans la brume des montagnes, des forets est très agréable comme moment et des plus ressourçant. La nature qui s’éveille et nous, humains de passages… respectueux sans trop de bruit, passant juste notre chemin.. 

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L’arrivée dans le villes étapes est toujours agréable et surprenant. Après l’épreuve sportive du matin, on s’y repose, un tampon sur notre carnet de voyage, mais aussi un bon repas ou pas, mais en tout cas l’apéro tapas est de rigueur. On se regarde on échange des tuyaux de marcheurs. même entre différents nationalités, le langage des signes et un rudiment d’anglais suffit… tchin !

Les villages étapes sont très nombreux et rodés à cette exercice. On y trouve des gites, chambres d’hôte, hôtel, booking, airbnb… A tous les prix, au confort allant du dortoir à la chambre individuelle de luxe avec douche saunas.. Des repas à toutes heures et sous toutes les formes : tapas, petit dej, apéro conviviale, plat garnie… tout est possible et niveau prix tout est accessible. 

Faire Compostelle c’est aussi prendre le temps de se retrouver seul et ensemble. Chacun marche à son allure, certains s’arrêtent boire, regarder le paysage, un arbre atypique. Il y a tant de gites qu’il suffit de réserver en fonction de son passage. Certes l’été nécessite un peu pus d’organisation.

Nous j’avoue, on l’a fait version « confort »…. En Espagne les restaurants sont accessibles niveau prix, un peu comme chez nous en France il y a 20 ans.

Plus on s’approche du but plus cela devient … different. En effet a 50 Km de Santiago de Compostela, une population plus nombreuse se fait oppressante. A ce niveau tout est possible. Vous pouvez vous faire suivre vos bagages par des taxis, faire juste des étapes, ou arriver en bus dés les 100 derniers Km. Tant mieux, avoir le choix, en fonction de ces capacités physiques est important. A en discuter avec des amis et collègues, je me suis rendu compte qu’on ne fait le chemin en une fois que très rarement. C’est au contraire un rdv annuel. On fait un bout avant les Pyrénées, la montagne l’Espagne, au début, au milieu et une partie de la fin en fonction de son temps libre, de son budget et des circonstances de la vie.

Cette pluralité des pèlerins est une richesse qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Chacun se croise et une notion de respect est omniprésente « Bon camino ». 

Par contre l’arrivée au but est très très particulier !

Santiago de Compostela ! Je me suis cru au monts St Michel un 15 aout ! Mais où sont donc passé les pèlerins ! En fait ils arrivent tôt le matin. Nous avions du arriver en voiture pour cette dernière étape et nous organiser avec un timing un peu serré ! Et oui! car ici, il faut aussi s’organiser pour le retour… faut bien renter et pas par le chemin, et les vacances se terminant il faut rentrée rapidement.

Santiago de Compostela est un labyrinthe de boutiques à touristes, avec une faune de gens bruyant et sans-gêne. Après avoir parcouru la campagne cela en donne le tournis. 

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Certes c’est une jolie ville, les restaurants sont nombreux, les promenades du soir des plus agréable et la cathédrale est extraordinairement belle… mais bon ! On ne s’attarde pas et c’est tant mieux.

Retour rapide par Victoria Gasteiz. Soirée étape pour finir notre séjour. Le pays basque espagnol est unique ! J’avais l’impression d’être dans les années 80 ! Musique rock de qualité, des gens partout, des tournées de bière sans compter, de la bonne humeur, des tapas en tout genre… Des gens de tout âge en terrasse ou plutôt dans les rues, ambiance festive et bon enfant.

Comme vous pouvez le constater j’ai fait Compostelle en version confort. J’ai bien mangé et bien bu, merci…

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Certain font Compostelle pour oublier un traumatisme, pour affronter une douleur ou se retrouver eux même, se donner un défi…. dire merci à dieu

Je n’ai rien fait de tout cela, et rien appris de plus sur moi que je ne savais déjà. La nature, les balades, méditer sur soi, les couchés de soleil, le réconfort après l’effort, se sentir entouré… j’ai déjà tout cela chez moi, dans mon quotidien.

J’ai envie de dire que je découvre tout autant mes limites dans mon footing du dimanche matin, que j’apprécie et prends le temps d’admirer une nature magnifique dans les parcs avoisinant, que les couchés de soleils et les matins dans la brumes toute l’année. Je suis plus confronté à des expériences, des actes de tolérance et de découvertes auprès des collègues de mon travail. Le travail, une obligation sociale, nous oblige a être confronté à des gens, qu’on ne croiserais pas dans notre vie. Ils ne font partie d’un cercle d’amis choisi, et on est pourtant obligé de faire avec, et c’est bien là une sacré expérience pour chacun d’apprendre le respect et la tolérance envers des gens a qui on n’aurais pas tournée le regard en se promenant en ville. La véritable expérience est dans notre quotidien, l’exotisme des voyages nous apporte un regard différent, ou comme mon chemin de Compostelle, des souvenirs de voyages. Ces souvenirs de voyages qui me conforte a apprécié les choses simples, belles et complexes de ma vie. L’épreuve ne commence t’elle pas lorsqu’on sort de chez soi, confronté aux regards des autres, aux obligations sociales et juridiques du monde dit « en société » !?

Cela fait longtemps, que je ne l’ai pas cité, mais oui ! comme Candide de Voltaire après avoir voyagé dans le monde d’ici et d’ailleurs, il a trouvé le bonheur à cultiver son jardin.

J’y retournais avec plaisir, mais surtout parce que le nord de l’Espagne est magnifique : des vallées, des montagnes une végétation luxuriante au bord de l’atlantique. Le confort du chemin de Compostelle est que tout est prévu pour les marcheurs.. et que chacun le fait à son rythme, en version « défi hors norme à la limite de ces capacités » ou version « je regarde la nature et je m’arrête à la prochaine auberge ».

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 Bon Camino